20 septembre 2021

DES REFUGIES CONGOLAIS SONT SENSIBILISES SUR DIFFERENTES LOIS AU MEME TITRE QUE LES BURUNDAIS

Les Cadres du Ministère lors de la sensibilisation au camp Kavumu (Photo par Elie HARINDAVYI)

180 réfugiés congolais du camp KAVUMU de la province CANKUZO ont été sensibilisés sur la lutte contre les Violence Basées sur le Genre (VBG), la protection de l’enfant et sur la loi n° 1/013 du 22 septembre 2016 portant prévention, protection des victimes et répression des violences basées sur le genre.

La sensibilisation a eu lieu du 17 au 19 Septembre 2018 au camp, par les cadres de l’Unité d’Appui en Genre et Promotion de la Femme, un des services du Ministère en charge du genre.

L’activité a été appuyée financièrement par l’UNICEF.
L’équipe a été accueillie par l’Administrateur Adjoint du camp Monsieur RURIBIKIYE Edmond qui a d’abord salué la présence des cadres du Ministère et les a introduit devant la population. Monsieur Oscar NDAYISHIMIYE, un des cadres de l’équipe du Ministère, a fait savoir à la population du camp les thèmes qui seront développés pendant les trois jours (un thème par jour) et l’administrateur adjoint du Camp Kavumu a réparti les participants à la sensibilisation en deux groupes.

Thème 1 : Violences basées sur le Genre
Tous les facilitateurs des deux groupes se sont basées sur la définition des concepts, la typologie des violences, leurs facteurs favorisant ainsi que leurs conséquences.

Selon les participants, les violences fréquentes au Camps Kavumu sont en grande partie liées à la Pauvreté. Ce sont des violences socio-économiques, domestiques et sexuelles (concubinage).

D’une part, les jeunes hommes célibataires cohabitent avec des femmes plus âgées qu’eux avec plusieurs enfants pour parier à la quantité insuffisante de vivres octroyés par individu.

Il peut arriver que ces hommes soient mis dehors par leurs concubines, ce qui empire leur situation.
D’autre part, les femmes subissent des violences physiques suite aux frustrations de leurs maris qui ne supportent pas la décision de responsabiliser les femmes quant au droits de percevoir des vivres et non vivres.

NDAKWOBAGANGIRA GATABISWA Donatho, Président du comité directeur du Camp (un Congolais) (Photo par Elie HARINDAVYI)

D’après Monsieur NDAKWOBAGANGIRA GATABISWA Donatho, Président du comité directeur du Camp (un Congolais), les cas graves de VBG sont transmis à l’OPJ qui les traite selon la loi en vigueur.

Thème 2 : La Protection de l’enfant
En ce qui est de la protection des enfants, les facilitateurs sont partis des principes fondamentaux des Droits humains tels que spécifiés dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. L’enfant est définit par la Convention sur les Droits de l’enfant comme « tout être humain de moins de 18 ans.

Les facilitateurs ont expliqué les principes fondamentaux de la CDE qui sont : la non-discrimination, l’intérêt supérieur de l’enfant, survie et développement ainsi que sa participation dans des décisions qui le concerne.

Ayant montré le types de maltraitances qui peuvent être infligées aux enfants et leurs signes distinctifs, les facilitateurs ont interpellé les réfugiés du Camp Kavumu aux respects des droits des enfants et à leurs protection.

Monsieur NDAKWOBAGANGIRA GATABISWA Donatho a souligné qu’il existe au camp des enfants abandonnés par leurs parents.
Selon lui, ces enfants sont identifié par la IRC, encadre et assiste des familles d’accueil en charge.

Thème 3. La loi du 22 Septembre 2016 sur les VBG
Les différentes formes de violences qui font objet d’infractions réprimées par la loi n° 1/013 du 22 septembre 2016 portant prévention, protection des victimes et répression des violences basées sur le genre ont été clarifiées aux réfugiés de Kavumu. Ils n’ont pas manqué de leur parler des peines y relatifs.

Le Camp des réfugiés congolais de Kavumu est situé au Nord-Est du Burundi, sur la Colline KAVUMU de la Commune CANKUZO en Province CANKUZO.

Il est dirigé par l’administrateur et un administrateur adjoint (tous deux burundais agents de l’ONPRA) ainsi que le Comité Directeur du Camp composé par les réfugiés.

Edmond RURIBIKIYE, Administrateur-Adjoint du camp Kavumu (Photo par Elie HARINDAVYI)

D’après Monsieur Edmond RURIBIKIYE, Administrateur-Adjoint, du camp Kavumu, le camp existe depuis le 10 Avril 2013 et abrite jusqu’en Aout 2018 aux environs de 19000 réfugiés selon le rapport mensuel de ce mois cité.

Cet effectif est très élevé par rapport aux agents du Gouvernement et des ONG à leur service.

Selon Edmond RURIBIKIYE, un agent de gestion du camp devrait servir tout au plus 1500 réfugiés, mais il en arrive à 6000 car seulement trois.

En plus des services permanents au camp, les agents d’état civil viennent souvent sur les lieux pour l’enregistrement des naissances et la célébration des mariages.

NTAKIMAZI Georges, agent de l’état civil (Photo par Elie HARINDAVYI)

Selon l’information reçue de Monsieur NTAKIMAZI Georges, agent de l’état civil, 178 extraits d’actes de naissance ont été délivrés jusqu’au mois d’août 2018.
Il ajouté que les extraits d’actes de naissance sont délivrés immédiatement après l’enregistrement.

En outre, Monsieur NDAKWOBAGANGIRA GATABISWA Donatho, Président du Comité Directeur du Camp apprécie l’action du Gouvernement Burundais de les avoir donnés asile ainsi que l’œuvre des ONGs qui l’appuient quotidiennement pour que la vie au camp soit possible.

Il a cité par exemple le COPED, la JRS, le GVC, l’IRC, PAM, CARITAS et le HCR qui coiffent toutes les activités en faveur des réfugiés.

Madame Estella NDAHABONYIMANA, Coordinatrice de l’Unité d’Appui en Genre et Promotion de la Femme qui a organisé l’activité se dit satisfaite de l’appréciation des participants.

D’après l’entretien qu’elle a mené avec ces réfugiés Congolais, c’est la toute première fois que les réfugiés bénéficient des sensibilisations de la part du Gouvernement. Ils ont suggéré qu’il y ait d’autres séances de sensibilisation afin de toucher tous les réfugiés.

Signalons que toutes les activités ci-haut citées ont eu lieu également dans les camps de Gasorwe (Muyinga), Musasa (Ngozi) et Bwagiriza (Ruyigi) avec l’appui financier de l’UNICEF.

Elie HARINDAVYI

Le Coordonnateur de la Cellule de Communication et d'Information du Ministère des Droits de la Personne Humaines, des Affaires Sociales et du Genre

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